Arthroscopie du Poignet

Il s’agit d’une technique utilisant une caméra et des instruments miniaturisés. Le poignet est maintenu en traction verticale pendant l’intervention. En général, 2 à 4 petites incisions de quelques millimètres sont pratiquées sur le dos du poignet, permettant d’introduire la caméra et les instruments. Le chirurgien peut donc explorer l’ensemble des éléments anatomiques situés dans l’articulation.

Cette technique permet un diagnostic précis des différentes lésions articulaires et permet également de traiter un certain nombre de ces lésions. Il s’agit d’une technique relativement récente apparue au début des années 1990.

L’Arthroscopie du poignet est indiquée dans les cas d’entorses graves du poignet, pour un traitement précis des fractures articulaires du radius ou du scaphoïde, dans certaines formes d’arthrose débutante du poignet, pour ablation d’un kyste synovial, en cas de diagnostic douteux sur des douleurs chroniques du poignet inexpliquées par les examens habituels.

En quoi consiste le traitement chirurgical ?

Cette technique est souvent réalisée sous anesthésie loco-régionale, lors d’une hospitalisation ambulatoire ou de très courte durée.

Cette technique va permettre de traiter un certain nombre de lésions :

  • En cas de rupture ligamentaire (notamment le ligament scapho-lunaire), les fragments instables des ligaments seront enlevés, les parties distendues du ligament pourront être retendues par effet thermique grâce à de micro brûlures.
  • En cas de fracture ou de séquelles de fracture, Des fragments osseux ou cartilagineux fracturés pourront être remis en place et fixés. Des zones de frottement en cas d’arthrose évolutive pourront être abrasées.
  • En cas de désinsertion du ligament triangulaire (T.F.C.C.), celui-ci pourra être suturé sous contrôle arthroscopique.
  • En cas de fracture du scaphoïde, un éventuel brochage ou vissage de la fracture pourra être contrôlé parfaitement par cette technique.
  • Un kyste synovial pourra être complètement enlevé par l’intérieur de l’articulation.

L’arthroscopie a permis la compréhension de lésions auparavant inconnues, et le traitement de lésions qui n’étaient auparavant pas accessibles dans de bonnes conditions à un traitement chirurgical.

Par rapport aux interventions à ciel ouvert, l’arthroscopie permet des suites opératoires plus simples avec une récupération plus rapide de la fonction, des douleurs plus limitées et des cicatrices minimes.

Les suites opératoires

La chirurgie est en règle ambulatoire (dans la journée), sous anesthésie loco-régionale. La réalisation d’une arthroscopie de poignet nécessite de 2 à 4 points d’introduction millimétriques selon la pathologie traitée. Des pansements infirmiers sont nécessaires tous les deux jours pendant 10 jours.

Les suites vont surtout dépendre de la pathologie traitée sous arthroscopie :

  • En cas de rupture ligamentaire ou de fracture : une immobilisation de 4 à 6 semaines est nécessaire, à l’issue quelques séances de rééducation peuvent être envisagées.
  • En cas de débridement ligamentaire ou de kyste synovial : il n’y a pas d’immobilisation particulière. Les mouvements amples et de force sont contre indiqués les 3 premières sem

Les principales complications possibles

Il existe des complications communes à toutes les interventions chirurgicales : échecs et mauvais résultats, infections, raideur articulaire, problèmes de cicatrisation…

Il existe aussi des complications plus spécifiques :

  • Algodysrophie : elle se traduit par un enraidissement et des douleurs diffuses de la main, le plus souvent régressifs en quelques mois. Le traitement se fait par injections de Calcitonine puis une rééducation douce et prolongée.
  • Ruptures de tendons : sont rares mais peuvent toujours survenir, elles nécéssitent une réintervention.
  • Lésions de rameaux nerveux : responsables de fourmillements en règle général transitoire.
  • Echec du traitement : en cas de lésions intra articulaires importantes, l’arthroscopie ne permet pas systématiquement une amélioration complète des douleurs et de la gêne fonctionnelle.

Il s’agit d’une technique très utile permettant de diagnostiquer et de traiter des lésions auparavant inaccessibles et pouvant dans certains cas remplacer ou repousser des techniques classiques à ciel ouvert beaucoup plus handicapantes. Cette technique est réservée aux Chirurgiens de la Main expérimentés, rompus à son utilisation.

Cette liste peut paraître inquiétante, mais les progrès des techniques chirurgicales et anesthésiques ont fait énormément baisser le taux de complications.