Arthroscopie de la Cheville

La cheville subit anatomiquement de nombreuses et fortes contraintes. Au fil du temps, les traumatismes subis peuvent engendrer des lésions intra articulaires provoquant douleurs, à l’appui et gonflements de la cheville.
L’exploration arthroscopique de cette articulation permet de façon non invasive de confirmer et de traiter ces lésions.

Exemples:

  • Extraction de corps etrangers ostéo-cartilagineux post-traumatiques et lavage articulaire
  • Lavage de l’articulation en début d’arthrose (comme pour l’articulation du genou), Exérèse de conflits….. osseux antérieurs
  • Exérèse d’un éventuel noyau fibreux antéro externe constitué après de nombreux épisodes d’entorse
  • Bilan et traitement de lésions cartilagineuses (type ostéochondrite)

L’arthroscopie de cheville permet aussi de traiter de façon non invasive les manifestations articulaires de pathologies générales (polyarthrite, ostéochondromatose, chondrocalcinose, …)

Exemples:

  • Synovectomie arthroscopique sur polyarthrite rhumatoïde.

Les différentes lésions post - traumatiques ou non sont mises en évidence par des examens radiologiques ciblés (radio standard, arthro-scanner, I.R.M.).

En quoi consiste le traitement chirurgical ?

Le principe de l’arthroscopie de cheville est de permettre l’exploration de l’articulation en utilisant deux petites incisions en avant de chaque malléole, permettant l’introduction d’une caméra vidéo et d’instruments miniaturisés spécifiques.

Cette méthode permet d’eviter des incisions importantes, délétaires pour les parties molles (peau, tendons, muscles, pédicules vasculo nerveux …).
Les suites opératoires s’en trouvent allégées, le retour aux activités professionnelles et physiques plus précoce.

Les suites opératoires

L’intervention se déroule en ambulatoire (hospitalisation de jour), sous anesthésie générale ou loco-régionale.
Des pansements infirmiers sont nécessaires tous les deux jours pendant 15 jours. 
Le traitement anticoagulant n’est pas systématique, et dépend des facteurs de risque potentiels.
L'appui est autorisé immédiatement avec des cannes anglaises pendant une dizaine de jours. L'arrêt de travail est d'environ trois à quatre semaines.
La rééducation est fortement conseillée ; elle est débutée très rapidement, dès le lendemain de l’intervention. Sa durée est d'environ un mois. 
Le suivi post-opératoire initial se fait en consultation à 1 mois, 3 mois, 6 mois.

Les principales complications possibles

Il existe des complications communes à toutes les interventions chirurgicales : complications anesthésiques, échecs et mauvais résultats, infections, raideur articulaire, problèmes de cicatrisation…

Il existe aussi des complications plus spécifiques :

  • Epanchement articulaire : cela peut être un épanchement sanguin (hémarthrose) nécessitant une ponction, ou un épanchement de synovie, souvent du à une reprise trop rapide de l'activité. Sa persistance peut parfois nécessiter une infiltration intra-articulaire.
  • Algodystrophie : elle se traduit par un enraidissement et des douleurs diffuses, le plus souvent régressifs en quelques mois. Le traitement se fait par injections de Calcitonine puis une rééducation douce et prolongée
  • Phlébites : il s'agit de la formation d'un caillot dans une veine de la jambe. C’est pour cela que certaines personnes nécessiteront un traitement anticoagulant préventif en fonction des différents facteurs de risque. Elles peuvent entraîner des embolies pulmonaires exceptionnellement mortelles.
  • Lésion vasculo-nerveuses : de rares cas ont été décrits.

Cette liste peut paraître inquiétante, mais les progrès des techniques et en particulier de l’arthroscopie ont fait énormément baisser le taux de complication