Prothèse uni-compartimentale (PUC)

En quoi consiste le traitement chirurgical ?

La prothèse uni-compartimentale (PUC), parfois appelée « hemi-prothèse » est constituée de 2 pièces :

  • Un implant métallique fixé sur le fémur.
  • Un implant fixé sur le tibia.

En comparaison à une à une Prothèse Totale (PTG) la prothèse unicopartimentale (PUC) permet :

  • une préservation de l’anatomie du genou (respect des ligaments latéraux et croisés et surtout des autres compartiments du genou non atteints par l’arthrose).
  • une récupération un peu plus rapide
  • un gain articulaire supérieur à la prothèse totale.
  • de limiter le saignement et les douleurs postopératoires.
  • une hospitalisation de courte durée dans le cadre d’une « Récupération Rapide Après Chirurgie (RRAC) ».

Certains patients pensent qu’une PUC est moins fiable et plus fragile qu’une PTG, pourtant il n’en est rien : la durée de vie est quasiment la même (on peut considérer que la longévité moyenne est d’une quinzaine d’années) et si votre chirurgien vous propose cette prothèse c’est qu’il pense que pour vous c’est le meilleur choix …

Les principaux facteurs qui influencent cette longévité sont :

  • Le bon positionnement et la bonne fixation initiale des composants.
  • La qualité de l’os.
  • La surcharge pondérale exercée sur la prothèse.
  • L’activité du genou opéré (chocs violents ou répétés).

Les suites opératoires

L’intervention se déroule sous anesthésie générale ou loco-régionale et l'hospitalisation en service de chirurgie dure 2 jours en moyenne (certains patients peuvent bénéficier d’une hospitalisation ambulatoire)

Des pansements infirmiers sont nécessaires tous les deux jours pendant 15 jours.
Le traitement anticoagulant est systématique pendant environ trois semaines.
La reprise de la marche se fait le lendemain de l'intervention, sous couverts de 2 cannes anglaises, puis d’une seule au bout de 2 semaines, avant de les abandonner complètement au bout d’un mois environ.
La rééducation est débutée dès le lendemain de l’intervention. Sa durée est d'environ 2 à 3 mois. Elle peut être effectuée en centre ou confié à des kinésithérapeutes de ville habitués à ce genre de chirurgie; la participation et la motivation du patient sont fondamentales.
L’objectif est d’obtenir une flexion de 90° vers le 10ème jour, et au moins de 120° en fin de rééducation, ainsi qu’une extension complète.
Le retour à domicile est envisagé dès que la marche, la montée et la descente des escaliers sont possibles. Cela dépend bien sur du cadre de vie (plain-pied, escaliers, conjoint valide...)
Le suivi post-opératoire initial se fait en consultation à 1 mois, 3 mois, 6 mois, et 1 an, mais un contrôle régulier est nécessaire pour toute la durée de vie de la prothèse (surveillance régulière clinique et radiographique).

Les principales complications possibles

Il existe des complications communes à toutes les interventions chirurgicales : complications anesthésiques, échecs et mauvais résultats, raideur articulaire, hématome, problèmes de cicatrisation…
Il existe aussi des complications plus spécifiques aux prothèses:

  • Infection : Le risque infectieux existe pour toute chirurgie, et en particulier après mise en place d’une prothèse : il s’agit d’un « corps étranger » sur lequel les bactéries se fixent de manière préférentielle. Ces bactéries peuvent venir au contact de la prothèse soit directement pendant l’intervention (rare +++), soit depuis une infection à distance (dentaire, urinaire, panaris...) en passant par la circulation sanguine.

Le taux d’infection est actuellement d’environ 2%.
Il est indispensable d’identifier la bactérie responsable pour mettre en route un traitement antibiotique adapté, qui est essentiel, mais qui ne suffit pas le plus souvent : on effectue un lavage de toute l’articulation et de la prothèse, voire un remplacement de la prothèse dans les cas extrêmes.

Pour éviter ces infections, certaines précautions sont indispensables :
Dépistage infectieux dentaire (dentiste) et urinaire (examen d’urine) systématique avant la chirurgie, car la survenue d’une infection avant l’opération est une contre–indication formelle à la chirurgie ; Surveillance régulière de l’état dentaire et des infections urinaires ; Prise en charge médicale immédiate de toute infection, quelle qu’elle soit, de manière à éviter la contamination de la prothèse.

  • Usure : C’est le risque de toute prothèse. Ce sont les composants en polyéthylène qui sont concernés principalement. L’utilisation de prothèses avec un plateau rotatoire et avec un polyéthylène de haute densité semble avoir diminué les taux d’usure.
  • Descellement : C’est la survenue d’une mauvaise fixation entre la prothèse et l’os, à l’origine de douleurs. Cela peut survenir pour une prothèse avec ou sans ciment.
    Ces deux dernières complications conditionnent la durée de vie de la prothèse, et peuvent nécessiter un remplacement prothétique.
  • Phlébite : il agit de la formation d'un caillot dans une veine de la jambe. C’est pour cela qu’est prescrit un traitement anticoagulant préventif. Elles peuvent entraîner des embolies pulmonaires exceptionnellement mortelles.
  • Lésions vasculo-nerveuses : heureusement rares ; il peut s'agir d'une lésion vasculaire poplitée, ou d'une lésion nerveuse.
  • Algodystrophie: elle se traduit par un enraidissement et des douleurs diffuses, le plus souvent régressifs en quelques mois. Le traitement se fait par un traitement antalgique et une rééducation douce et prolongée.
    Cette liste peut paraître inquiétante, mais les progrès techniques ont fait énormément baisser le taux de complications.
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