Instabilité de l’Épaule

Cela correspond à la perte de stabilité entre l’omoplate et la tête de l’humérus, c’est-à-dire la survenue de luxations (déboîtement de la tête de l’humérus qui n’est plus en face de l’omoplate) plus ou moins complètes et fréquentes.
instabilite-epaule

Elle survient au décours d’un premier épisode de luxation de l’épaule qui a été réduite, et plus ou moins bien immobilisée et rééduquée. Plusieurs mois ou années après, des récidives de luxation de l’épaule se déclenchent à la suite de traumatismes de moins en moins violents, voire de simples mouvements de la vie quotidienne.

Cette instabilité peut ne se manifester que par des épisodes de sub-luxation (déboitement partiel), pendant les mouvements d’armer du bras (tennis, hand, volley, javelot, etc.).

Le diagnostic et la prise en charge reposent sur l’examen clinique et radiographique (arthro-scanner / I.R.M.) qui permettent de faire le bilan des lésions qui peuvent être osseuses et/ou ligamentaires.

En quoi consiste le traitement chirurgical ?

Le but de la chirurgie de redonner une épaule stable (c’est-à-dire qui ne se luxe plus), indolore, et de permettre la reprise des sports avec mouvements d’armer du bras.
Il existe deux types d’interventions: la réparation de la capsule et des ligaments (opération de Bankart), et la mise en place d’une butée osseuse (opération de Latarjet).

  • Réparation capsulaire (Bankart) : La chirurgie se fait dans la majorité des cas sous arthroscopie, c’est-à-dire seulement au travers de quelques petites incisions permettant  d’introduire une caméra et des instruments miniaturisés spécifiques dans l’articulation. Cette méthode permet, outre l’exploration de l’ensemble des articulations de l’épaule et le traitement spécifique des lésions, de ne pas détacher les muscles importants pour la stabilité antérieure de l’épaule (Sous-scapulaire) et donc d’améliorer considérablement les suites opératoires, la rééducation et le retour aux activités professionnelles et physiques.
    On utilise le plus souvent des ancres résorbables munies de fils de suture implantées dans l’os afin retendre le bourrelet,  les ligaments et la capsule articulaire contre le bord antérieur de l’omoplate.
    Parfois, pour des raisons techniques, le traitement arthroscopique n’est pas possible et se fait par chirurgie conventionnelle.
    reparation-capsulaire reparation-capsulaire-2
  • Butée osseuse : Cette intervention se fait à ciel ouvert, c'est-à-dire en ouvrant la peau et les muscles de manière conventionnelle. On réalise une incision sur la partie antérieure de l’épaule, on sectionne une petite partie coudée de l’omoplate (la coracoïde) puis on la fixe à l’aide de vis devant la partie articulaire de l’omoplate (la glène). Elle fait ainsi butée de manière à s’opposer au déplacement antérieur de la tête humérale.
    butee-osseuse

Le choix de la technique dépend de plusieurs arguments : type de lésions, âge, sport et niveau pratiqué...
 En fin d’intervention, le bras est immobilisé dans une attelle coude-au-corps.

Les suites opératoires

Le port de l’attelle est de 6 semaines.

Des pansements infirmiers sont nécessaires tous les deux jours pendant 15 jours.
La rééducation est fondamentale ; elle est débutée rapidement. Elle doit être confiée à des kinésithérapeutes habitués, et la participation du patient est indispensable. Sa durée varie de 2 à parfois plus de 6 mois.

La durée de l’arrêt de travail est d’environ 1,5 mois.
Les sports avec lancer seront autorisés à compter du 6ème mois post-opératoires.
Le suivi post-opératoire initial se fait en consultation à 1 mois, 3 mois, 6 mois et à 1 an.

Les principales complications possibles

Il existe des complications communes à toutes les interventions chirurgicales : complications anesthésiques, échecs et mauvais résultats, infections, raideur articulaire, problèmes de cicatrisation…
Il existe aussi des complications plus spécifiques :

  • Algodystrophie ou capsulite rétractile : elle se traduit par un enraidissement et des douleurs diffuses de l’épaule, le plus souvent régressifs en quelques mois. Le traitement se fait par injections de Calcitonine puis une rééducation douce et prolongée.
  • Récidive : Elle est rare après butée (environ 5 %), légèrement plus fréquente après réparation capsulaire (8 à 15 %). Cependant, l’arthroscopie est nettement moins invasive, la récupération est plus rapide et les cicatrices plus petites. En cas de récidive, on réalise une butée osseuse, l’arthroscopie ne gênant en rien la réalisation secondaire de ce geste.
  • Pseudarthrose ou absence de consolidation (après butée) : Exceptionnellement, la butée osseuse ne consolide pas sur l’omoplate. Cela peut être asymptomatique, ou être source de douleur voire de récidive. Une reprise chirurgicale peut être nécessaire.
  • Lésion vasculo-nerveuses : de rarissimes cas ont été décrits dans la littérature.

Cette liste peut paraître inquiétante, mais les progrès des techniques et en particulier de l’arthroscopie et des matériaux ont fait énormément baisser le taux de complications.

PHOTOS