Rupture des ligaments croisés

Le genou possède deux ligaments croisés (antérieur et postérieur) qui sont indispensables à la stabilité du genou, maintenant le tibia en bonne position sous le fémur.

A l'occasion d'un traumatisme appelé entorse grave du genou (dont le mécanisme est le plus souvent une flexion et rotation externe), ces ligaments croisés peuvent être étirés ou arrachés de leur insertion sur l’os, ce qui a pour conséquence d'induire une laxité (« du jeu ») et une instabilité du genou.

Le plus fréquemment lésé de ces deux ligaments est le ligament croisé antérieur (LCA) 
L'évolution à moyen et long terme d'une laxité et d'une instabilité du genou est l'apparition de lésions méniscales, cartilagineuses puis de l’arthrose du genou.

En quoi consiste le traitement chirurgical ?

Le but est de retrouver un genou stable et indolore afin d’éviter l’apparition de l’arthrose.
Dans la grande majorité des cas, la reprise du sport, notamment ceux avec pivot (foot, ski, rugby, etc.) est possible, mais il faut savoir que le résultat final dépendra des lésions associées présentes lors de l’intervention (ménisques, cartilage...) et de la qualité de la rééducation.

Il est impossible de suturer ou de refixer le ligament croisé antérieur, et l'on est donc obligé de le remplacer par un nouveau ligament appelé transplant, que l'on fabrique à l’aide de tendons prélevés à proximité du genou (sans conséquence majeure sur la fonction ultérieure du genou): c'est ce que l'on appelle une ligamentoplastie.

Il peut s’agir du tiers central du tendon rotulien (technique de Kenneth-Jones) ou de 2 tendons prélevés à la face interne de la cuisse par une incision de 2 cm (technique  DIDT).

Le choix du type de transplant dépend de plusieurs facteurs (type de sport pratiqué, habitude du chirurgien...), mais actuellement, la technique la plus couramment employée est le DIDT.

Le reste de l'intervention se déroule sous arthroscopie, au moyen de deux incisions de 0,5 cm de part et d'autre de la rotule, au cours de laquelle sont prises en charge les éventuelles lésions associées (ménisques, cartilage) ; on creuse un tunnel dans le tibia puis un tunnel dans le fémur exactement là ou s’insère le ligament croisé antérieur, puis on vient positionner le transplant que l'on va ensuite fixer dans ces deux tunnels de diverse façon (vis, cheville, pins...)

Les suites opératoires

L’intervention se déroule sous anesthésie générale ou loco-régionale et l'hospitalisation  dure trois à quatre jours.
Des pansements infirmiers sont nécessaires tous les deux jours pendant 15 jours. 
Le traitement anticoagulant est systématique pendant environ trois semaines. 
Le genou est placé dans une attelle articulée limitant la flexion pendant 4 semaines accompagnée de l’utilisation de béquilles.
La rééducation est débutée dès le lendemain de l’intervention. Sa durée est d'environ six mois, d’intensité progressive et le protocole doit être suivi à la lettre. Elle peut être effectuée en centre ou confié à des kinésithérapeutes habitués à ce genre de chirurgie; la participation et la motivation du patient sont fondamentales.
Le suivi post-opératoire initial se fait en consultation à 1 mois, 3 mois, 6 mois et à 1 an.
La reprise des sports sans pivot est autorisée au 4° mois, et les sports avec pivot au 6ème mois selon l’évolution. Il est nécessaire que le quadriceps ait retrouvé un volume et une puissance suffisants pour assurer une bonne stabilité du genou.
La durée de l'arrêt de travail dépend de l‘activité professionnelle (de 1 à 4 mois en moyenne).

Les principales complications possibles

Il existe des complications communes à toutes les interventions chirurgicales : complications anesthésiques, échecs et mauvais résultats, infections, raideur articulaire, problèmes de cicatrisation…

Il existe aussi des complications plus spécifiques :

  • Epanchement articulaire : cela peut être un épanchement sanguin  (hémarthrose) nécessitant une ponction, ou un épanchement de synovie, souvent du à une reprise trop rapide de l'activité.
  • Algodystrophie : elle se traduit par un enraidissement et des douleurs diffuses, le plus souvent régressifs en quelques mois. Le traitement se fait par injections de Calcitonine puis une rééducation douce et prolongée.
  • Phlébite : il agit de la formation d'un caillot dans une veine de la jambe. C’est pour cela qu’est prescrit un traitement anticoagulant préventif. Elles peuvent entraîner des embolies pulmonaires exceptionnellement mortelles.
  • Lésion vasculo-nerveuses : il peut s'agir d'une lésion vasculaire poplitée, heureusement rares  ou d'une lésion nerveuse (branche sensitive) le plus souvent sans incidence majeure pour le patient.
  • Rupture du transplant : Le transplant peut se rompre comme un ligament croisé normal au décours d’un nouveau traumatisme violent (il n'est pas plus solide que le ligament croisé antérieur d'origine). Selon l’âge et la demande fonctionnelle, il faudra alors réaliser une nouvelle ligamentoplastie.

Cette liste peut paraître inquiétante, mais les progrès des techniques et en particulier de l’arthroscopie ont fait énormément baisser le taux de complications.

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