Doigt à ressaut

C'est une ténosynovite nodulaire de l’appareil fléchisseur.

L’examen clinique suffit à poser le diagnostic, les examens complémentaires ne sont pas nécessaires.
Que se passe-t-il ?

  • Le tendon fléchisseur est comme le cable de frein d’un vélo, il coulisse, par endroit il est dans une gaine et par endroit il n’y a pas de gaine; une inflammation se crée avec la création d’une « boule » (ténosynovite nodulaire), celle-ci vient se coincer sous l’entrée de la gaine et le doigt se comporte comme sur le film ci-dessus.

    Cette pathologie concerne surtout la femme de 30 à 60 ans. Le diabète est ici un facteur favorisant.

Cela peut se traduire par une sensation de ressaut lors de la flexion/extension du doigt, par des douleurs isolées, ou par un blocage complet du doigt.
Lorsque le phénomène est ancien il peut s’accompagner d’une raideur articulaire qui nécessitera un geste chirurgical spécifique.

  • Le traitement médical peut être tenté au début (infiltration de corticoïdes). Son efficacité peut être rapide mais temporaire le plus souvent. De plus la cortisone peut fragiliser le tendon et entraîner sa rupture. Le doigt ou la main peuvent être douloureux pendant 48 heures après une infiltration.

En quoi consiste le traitement chirurgical ?

Le traitement chirurgical peut être proposé en première ou seconde intention.

L’opération est le plus souvent réalisée sous anesthésie loco-régionale, en ambulatoire. Elle consiste à ouvrir la gaine (poulie) du tendon fléchisseur au travers d’une courte incision cutanée et réséquer la synovite nodulaire.

Les suites opératoires

Des pansements infirmiers sont nécessaires tous les deux jours pendant 15 jours.
Il est possible que quelques séances de kinésithérapie soient nécessaires.

Le travail ou l’activité sont repris selon le type d’occupation, en général après 15 à 20 jours.

Les principales complications possibles

Il existe des complications communes à toutes les interventions chirurgicales : complications anesthésiques, échecs et mauvais résultats, infections, problèmes de cicatrisation…

Il existe aussi des complications plus spécifiques :

  • Algodystrophie : elle se traduit par un enraidissement et des douleurs diffuses de la main, le plus souvent régressifs en quelques mois. Le traitement se fait par injections de Calcitonine puis une rééducation douce et prolongée.
  • L’enraidissement du doigt : Habituellement du fait d’une mauvaise mobilisation de la part du patient en post opératoire immédiat. La rééducation est alors nécessaire.
  • Les lésions nerveuses sont exceptionnelles : fourmillements dans les doigts qui disparaissent en quelques mois, plaie du nerf nécessitant une réintervention.
  • Les lésions tendineuses sont exceptionnelles : fragilité tendineuse pré-opératoire, ou plaie du tendon nécessitant une réintervention.

Cette liste peut paraître inquiétante, mais les progrès des techniques ont fait énormément baisser le taux de complications.

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