Rhizarthrose

Elle correspond à l’arthrose de la base du pouce, destruction progressive du cartilage de l’articulation entre le trapèze et le premier métacarpien. Elle est très fréquente, touchant surtout la femme vers l’âge de 50 ans.

Elle peut être très bien tolérée ou devenir très gênante dans la vie quotidienne : douleur, limitation de la mobilité de la base du pouce, diminution de la force de serrage de la main, déformation inesthétique appelée « pouce en Z ».

Les facteurs prédisposants à cette affection sont nombreux : dégénératifs (comme pour toute arthrose), mécaniques (mouvements répétés du pouce), héréditaires et familiaux...

Le traitement, dans un premier temps, est médical faisant appel aux antalgiques et anti-inflammatoires, parfois à des infiltrations de l’articulation et, surtout, à la mise en place d’une attelle de repos (orthèse), portée surtout la nuit.

Seulement 10% de celles qui devraient être opérées vont jusqu'à la chirurgie de la main, essentiellement par manque d'information de nos correspondants.

En quoi consiste le traitement chirurgical ?

La chirurgie n’est envisagée qu’après échec du traitement médical :

  • Soit par l’ablation du trapèze (trapezectomie) et stabilisation du pouce par un tendon.
  • Soit par la mise en place d’une prothèse articulaire.
  • Enfin dans certains cas particuliers on peut proposer de bloquer l’articulation (arthrodèse).

Ces traitements ont chacun des avantages et des inconvénients qu’il faut discuter au cas par cas selon les patients.

La chirurgie est souvent réalisée sous anesthésie loco-régionale, lors d’une hospitalisation ambulatoire ou de quelques jours.

Les suites opératoires

Des pansements infirmiers sont nécessaires tous les deux jours pendant 15 jours.
La durée d’immobilisation par attelle thermoformée dépend du type d’intervention (3 à 6 semaines).

Après cette immobilisation, la rééducation est nécessaire afin de récupérer le plus de souplesse et de force possible.

La durée d’arrêt de travail varie de 1,5 à 3 mois habituellement.

Les principales complications possibles

Il existe des complications communes à toutes les interventions chirurgicales : échecs et mauvais résultats, infections, raideur articulaire, problèmes de cicatrisation…

Il existe aussi des complications plus spécifiques :

  • Algodystrophie : elle se traduit par un enraidissement et des douleurs diffuses de la main, le plus souvent régressifs en quelques mois. Le traitement se fait par injections de Calcitonine puis une rééducation douce et prolongée.
  • Irritation des branches sensitives du nerf radial (petits nerfs sensitifs innervant le pouce) provoquant des fourmillements qui disparaissent habituellement en quelques semaines mais peuvent persister.
  • Complications spécifiques aux prothèses : Usure et descellement (mauvaise fixation entre la prothèse et l’os): celles-ci sont fabriquées à partir de matériaux qui vont s’user avec le temps. Cette usure est plus ou moins rapide en fonction de l’activité. L’usure ou le descellement peuvent conduire à une réintervention.

Cette liste peut paraître inquiétante, mais les progrès des techniques chirurgicales et anesthésiques ont fait énormément baisser le taux de complications.

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