Hallux Valgus

Il s’agit d’une déformation fréquente de l’avant pied, très souvent de caractère familial, touchant préférentiellement les femmes de tout âge, souvent appelée « Oignon ».

Les désagréments entraînés sont variables et évoluent dans le temps.
En effet les cas cliniques rencontrés vont de l’Hallux Valgus Simple et isolé à la déformation importante et globale de l’avant pied associant à un Hallux Valgus Majeur des pathologies des rayons latéraux (Orteils en Griffes, Métatarsalgies d’hyper-appui, Névrome de Morton, Quintus Varus).

Hallux Valgus Isolé : 
Technique Chirurgicale Percutanée
Limité au premier orteil
(1er Métatarsien, Articulation métatarso-phalangienne, 1ère phalange).

Hallux Valgus Majeur, associé à des pathologies des orteils latéraux
.

Technique Chirurgicale percutanée prenant en charge l’ensemble des orteils atteints :

  • Hallux valgus
  • Orteils en griffe (œil de perdrix)
  • Métatarsalgies d’hyper-appui , durillons plantaires…
  • Luxation métatarso-phalangienne des rayons latéraux
  • Le Névrome de Morton
  • Quintus Varus.

En quoi consiste le traitement chirurgical ?

Le traitement chirurgical doit être adapté a chaque morphotype et nécessite dans tous les cas un examen clinique et paraclinique rigoureux (radiographie standard, échographie, I.R.M. …)

Plusieurs techniques ont été décrites depuis plusieurs années. Elles regroupent schématiquement les techniques à ciel ouvert imposant le plus souvent la mise en place de matériel d’ostéosynthèse (vis, plaque, broche), les techniques mini-invasives limitant l’abord chirurgical mais conservant généralement une ostéosynthèse et les techniques percutanées sans aucune ostéosynthèse.

La technique utilisée dans notre unité est celle par voie percutanée. Celle-ci a été développée principalement en Espagne, codifiée et validée grâce à un recul suffisant qui justifie son choix.
Le principe reste celui d’ostéotomies (métatarsiennes et et phalangiennes) et de libération articulaire, mais à l’aide de mini fraises et par des abords minimes, en s’assurant d’un contrôle radiologique durant toute l’intervention.
L’intervention sur Hallux Valgus dure de 15 à 30 minutes. Elle est réalisée au mieux sous anesthésie loco régionale sans garrot et comporte 5 étapes.
3 ou 4 mini incisions autour du gros orteil sont suffisantes.

Etape 1 : Régularisation de l’exostose métatarsienne (« Oignon »)

Etape 2 : - Ostéotomie basale du premier métatarsien réduisant le métatarsus varus réalisée lorsque l’angle intermétatarsien le justifie (Hallux Valgus important)
- Ostéotomie distale du premier métatarsien (Ostéotomie de REVERDIN) réorientant la tête Métatarsienne, plus ou moins associée en fonction de l’importance du métatarsus varus à une ostéotomie basale du même métatarsien.

Etape 3 : Libération articulaire métatarso-phalangienne (arthrolyse latérale) et ténotomie de l’adducteur.

Etape 4 : Ostéotomie varisante de la première phalange (ostéotomie d’ADKIN).

Etape 5 : Réalisation du pansement maintenant les réductions osseuses.

Il s’agit le plus souvent d’une hospitalisation ambulatoire (le patient entre en clinique le jour de l’intervention et retourne à son domicile en fin d’après midi). La douleur post- opératoire est très faible, souvent absente grâce à l’effet des anesthésiants locaux qui continuent d’agir dans les heures suivant l’intervention.
La marche immédiate est autorisée sous couvert de chaussures médicales à appui talonnier. Le pansement est refait par le chirurgien 15 jours après l’intervention. A 4 semaines, un chaussage habituel peut être repris.

Les suites opératoires

Les dates de consultations post-opératoires vous seront remises dès la sortie de votre hospitalisation.

J+15 : Réfection du pansement.

J+25 : Rechaussage habituel. Réalisation d’orthoplasties (écarteurs d’orteils) à garder durant 21 jours finalisant le travail chirurgical. Contrôle radiologique.

J+2 mois : Contrôle clinique final.

Les principales complications possibles

Il existe des complications communes à toutes les interventions chirurgicales : complications anesthésiques, échecs et mauvais résultats, infections, raideur articulaire, problèmes de cicatrisation…

Il existe aussi des complications plus spécifiques :

  • Récidive : elle est peu fréquente, les contrôles post opératoires cliniques et radiologiques effectués par le chirurgien étant fréquents.
  • Hyperéduction ou Hyperabduction (ou Hallux Varus) : très rare pour les mêmes raisons.
  • Non consolidation des Ostéotomies
  • Algodystrophie : elle se traduit par un enraidissement et des douleurs diffuses, le plus souvent régressifs en quelques mois. Le traitement se fait par injections de Calcitonine puis une rééducation douce et prolongée.
  • Phlébite : limitée par l’absence de garrot et l’appui immédiat.

Cette liste peut paraître inquiétante, mais les principes non invasifs de cette technique  ont fait énormément baisser le taux de complications.

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