Instabilité de la Cheville

Les Entorses de chevilles lorsqu’elles sont répétitives peuvent avec le temps engendrer une instabilité de la cheville et une sensation de dérobement lors de « faux pas » ou lors des activités sportives.

Ce sentiment d’instabilité est dû à une lésion d’un ou plusieurs faisceaux du ligament externe de cheville (ligament collatéral fibulaire). Le plus souvent, c’est le faisceau antérieur qui est distendu, ou rompu.

Lorsque les séances de Kinésithérapies conduites (travail reéducationnel proprioceptif sur plan instable) n’ont pas permis de regagner la stabilité de la cheville, il faut se diriger vers une chirurgie de stabilisation ou ligamentoplastie de cheville. Des radiologies dynamiques (dites de « stress » en varus forcé) et l’I.R.M. confirme le bilan clinique.

En quoi consiste le traitement chirurgical ?

Le principe chirurgical des instabilités chroniques de cheville est la réfection du plan ligamentaire externe ou Ligamenthoplastie.

Plusieurs Techniques ont été décrites.

Lorsque cela est possible, il est souhaitable d’effectuer une réparation par rétension du plan ligamentaire (ligaments talo-fibulaires antérieur et postérieur) et fixation trans osseuse : il s’agit d’une réparation.

Lorsque les faisceaux ligamentaires sont trop abîmés, on utilise des structures anatomiques avoisinantes afin de « remplacer » le ligament déficient. Il s’agit d’une reconstruction ou ligamentoplastie.

Plusieurs techniques sont possibles :
Technique utilisant le  tendon court fibulaire (CASTAING), le ligament frundiforme, le périoste…

L’intervention peut se dérouler sous anesthésie loco régionale. L’incision est de taille variable suivant la technique avisée, mais toujours externe, en regard de la malléole fibulaire.

Le Contrôle final clinique doit s’assurer d’une réduction satisfaisante de la laxité initiale.

Les suites opératoires

L’hospitalisation dure généralement 48 heures. Une immobilisation de la cheville (par plâtre , résine fenétrée ou atèle rigide postérieure) est nécessaire pendant environ 1 mois. La marche se fait, sans appui, à l’aide de cannes anglaises. Les soins locaux sont effectués au domicile durant 15 jours, le temps de la cicatrisation.

Après la période d’immobilisation, l’appui complet est progressivement repris avec séances régulières de kinésithérapie (protocole de travail  proprioceptif  remis par le chirurgien). La reprise d’une activité physique peut être envisagée au 3eme/4eme mois.

Les principales complications possibles

Il existe des complications communes à toutes les interventions chirurgicales : complications anesthésiques, échecs et mauvais résultats, infections, raideur articulaire, problèmes de cicatrisation…

Il existe aussi des complications plus spécifiques :

  • Algodystrophie ou capsulite rétractile : elle se traduit par un enraidissement et des douleurs diffuses de l’épaule, le plus souvent régressifs en quelques mois. Le traitement se fait par injections de Calcitonine puis une rééducation douce et prolongée.
  • Phlébite : il agit de la formation d'un caillot dans une veine de la jambe. C’est pour cela qu’est prescrit un traitement anticoagulant préventif. Elles peuvent entraîner des embolies pulmonaires exceptionnellement mortelles.

    Cette liste peut paraître inquiétante, mais les progrès des techniques ont fait énormément baisser le taux de complications.

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