Arthrose et prothèse totale de la hanche

Le cartilage de la hanche peut être le siège d’une usure chronique, c’est-à-dire de l’arthrose, mais peut également être lésé dans les suites d’un traumatisme ou d’un rhumatisme inflammatoire (arthrite). Il peut en résulter des douleurs, une limitation de mobilité voire un enraidissement, une boiterie...

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Au début de son évolution, l'arthrose est relativement bien supportée, et ne requiert qu’un traitement médical (antalgiques, anti-inflammatoires...).

Mais parfois ce traitement n'est plus suffisant, et l'évolution progressive se fait vers une aggravation de la douleur, de la boiterie, de la raideur, et la solution de choix est alors la mise en place d'une prothèse.

En quoi consiste le traitement chirurgical ?

La prothèse de hanche est un ensemble de composants mécaniques qui se substitue à l’articulation, assurant les mêmes mouvements de rotation qu’une hanche normale.

Elle est constituée de plusieurs pièces :

  • Une tige métallique fixé dans le fémur.
  • Une cupule en métal, polyéthylène, ou céramique fixée sur le cotyle (partie hémisphérique du bassin qui s’articule avec la tête du fémur).
  • Une tête sphérique en métal ou céramique, positionné entre les deux implants précédents.

La mise en place d’une prothèse nécessite une incision sur la face latérale de la hanche. L’articulation est ainsi ouverte, en s’attachant à ne pas endommager les structures tendineuses et musculaires (Chirurgie Mini-Invasive).

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On réalise alors une coupe osseuses et une préparation du fémur et un fraisage du cotyle, puis les différents composants sont fixés à l’os de diverses manière : soit par du ciment chirurgical, soit encastrés et/ou vissés. Le choix dépend essentiellement de la qualité osseuse, du type de prothèse, et des préférences du chirurgien.

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La durée de vie d’une prothèse de hanche est difficile à prévoir avec certitude, mais on peut considérer que la longévité moyenne est d’une vingtaine d’années. 
Les principaux facteurs qui influencent cette longévité sont :

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Le bon positionnement et la bonne fixation initiale des composants.
  • La qualité de l’os.
  • La surcharge pondérale exercée sur la prothèse.
  • L’activité de la hanche opérée.

Les suites opératoires

L’intervention se déroule sous anesthésie générale ou rachi-anesthésie et l'hospitalisation en service de chirurgie dure 7 à 10 jours en moyenne.

Des pansements infirmiers sont nécessaires tous les deux jours pendant 15 jours. 
Le traitement anticoagulant est systématique pendant 4 à 5 semaines. 
La reprise de la marche se fait deux jours après l'intervention, sous couverts de 2 cannes anglaises, puis d’une seule au bout de 3 semaines, avant de les abandonner complètement au bout de 2 mois environ.
La rééducation peut être débutée rapidement, mais elle n’est pas fondamentale pour le résultat final.


Le retour à domicile est envisagé dès que la marche, la montée et la descente des escaliers sont possibles. Cela dépend bien sur du cadre de vie (plain-pied, escaliers, conjoint valide...)
 Le suivi post-opératoire initial se fait en consultation à 1 mois, 3 mois, 6 mois, et 1 an, mais un contrôle régulier est nécessaire pour toute la durée de vie de la prothèse (surveillance régulière clinique et radiographique).

Les principales complications possibles

Il existe des complications communes à toutes les interventions chirurgicales : complications anesthésiques, échecs et mauvais résultats, raideur articulaire, hématome, problèmes de cicatrisation, algodystrophie…

Il existe aussi des complications plus spécifiques aux prothèses :

  • Infection : Le risque infectieux existe pour toute chirurgie, et en particulier après mise en place d’une prothèse : il s’agit d’un « corps étranger » sur lequel les bactéries se fixent de manière préférentielle. Ces bactéries peuvent venir au contact de la prothèse soit directement pendant l’intervention (rare +++), soit depuis une infection à distance (dentaire, urinaire, panaris...) en passant par la circulation sanguine.
Le taux d’infection est actuellement d’environ 2%.
Il est indispensable d’identifier la bactérie responsable pour mettre en route un traitement antibiotique adapté, qui est essentiel, mais qui ne suffit pas le plus souvent : on effectue un lavage de toute l’articulation et de la prothèse, voire un remplacement de la prothèse dans les cas extrêmes. 
Pour éviter ces infections, certaines précautions sont indispensables :
- Dépistage infectieux dentaire (dentiste) et urinaire (examen d’urine) systématique avant la chirurgie, car la survenue d’un infection avant l’opération est une contre–indication formelle à la chirurgie.
    - Surveillance régulière de l’état dentaire et des infections urinaires.
    - Prise en charge médicale immédiate de toute infection, quelle qu’elle soit, de manière à éviter la contamination de la prothèse.
  • Luxation : cela correspond au « déboîtement » de la prothèse (perte de contact entre la tête et la cupule prothétique) qui peut survenir lorsque la hanche est mise dans une position critique (qui varie selon la voie d’abord). Le risque varie de 1 à 4 % selon les différentes études, mais il est surtout prépondérant dans les 3 mois qui suivent la chirurgie.
La réduction (c’est-à-dire le repositionnement des composants de la prothèse) nécessite le plus souvent une anesthésie générale.
Une éducation quant aux mouvements dangereux est indispensable afin d’éviter la survenue de cette complication.
  • Usure : C’est le risque de toute prothèse. Ce sont les composants en polyéthylène qui sont concernés principalement. L’utilisation d’implants récents (polyéthylène de haute densité, céramique, alliages métalliques de dernière génération) semble avoir diminué les taux d’usure.
  • Descellement : C’est la survenue d’une mauvaise fixation entre la prothèse et l’os, à l’origine de douleurs. Cela peut survenir pour une prothèse avec ou sans ciment.
Ces deux dernières complications conditionnent la durée de vie de la prothèse, et peuvent nécessiter un remplacement prothétique.
  • Phlébite : il agit de la formation d'un caillot dans une veine de la jambe. C’est pour cela qu’est prescrit un traitement anticoagulant préventif. Elles peuvent entraîner des embolies pulmonaires exceptionnellement mortelles.
  • Lésions vasculo-nerveuses : heureusement rares ; il peut s'agir d'une lésion vasculaire fémorale, ou d'une lésion nerveuse sciatique.

Cette liste peut paraître inquiétante, mais les progrès des techniques ont fait énormément baisser le taux de complications.

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